Présentation

  • : Bonjour et bienvenue sur KiAnBu!
  • kianbu
  • : science-fiction écriture écrire textes à lire en ligne stories in english loisirs
  • : Vous trouverez sur mon blog des textes tout droit sortis de mon imagination (nouvelles, poèmes, etc) et que je veux partager avec vous. Je ne prétends pas produire du grand art, mais si je vous fais un peu sourire (Ping le Panda, Taksi le koala à la noix, l'Astuce du jour) ou un peu frissonner (Les Poursuivants, Coupure de Courant, le Reflet dans la Vitre), je suis déjà contente de moi! Je fais plein d'autres choses à côté, alors il n'est pas facile pour moi de publier de nouveaux articles […]
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Commentaires

Chapitre 15 Ping à Paris


- Ah, je te tiens!
Depuis le temps qu'il faisait le pied de grue, enveloppé dans un grand manteau de cuir, sous la pluie, la neige et le vent, Ping avait pu se faire une idée précise de l'emploi du temps de l'homme qui lui avait échappé une semaine plus tôt, et qu'il tenait à présent par le fond du pantalon. Le bâtiment où il vivait était laid et carré, avec des rangées de fenêtres déprimantes, desquelles lui parvenaient parfois des bribes de conversation ou des musiques tonitruantes à faire s'assécher de jeunes pousses de bambou.
Paris s'était réveillé ce matin-là sous la neige, dans un froid de canard, mais Ping avait tenu bon: les paroles de cet homme l'avaient bien trop marqué pour qu'il acceptât de renoncer à son obectif. Rabat-Joie, qui passait ses nuits en discothèques depuis leur arrivée, s'était moqué de lui lorsqu'il lui avait parlé de cette étrange conversation.
- Crois-moi, c'était soit une blague, soit une personne qui a des croyances spéciales, avait-t-il dit en secouant la tête. tu devrais laisser tomber.
Mais Ping avait senti autre chose dans le regard et l'attitude de cet homme, et s'il le soupçonnait de ne pas être digne d'une confiance totale, son intuition le poussait à découvrir ce que cet homme voulait cacher.
- Bon, dis-moi tout! rugit Ping en le rudoyant.
L'homme se défendit comme il put, mais Ping, tout en étant plus petit, était plus vif et maîtrisait bien mieux les arts martiaux que son adversaire. Pour la forme, lorsqu'il l'eût battu, Ping s'assit sur un banc et lui administra une fessée.
- Alors, ça vient? s'impatienta-t-il.
- Je ne peux rien dire...
A ce moment, un éclat de rire fusa non loin d'eux, et Ping découvrit une jeune femme quiles regardait en se tenant les côtes. Elle avait un manteau gris mi-long en laine et un jeans large délavé et troué par endroits. Ses cheveux frisés étaient coiffés en mignonnes petites couettes retenues par des élastiques colorés.
- Vous êtes trop drôles tous les deux! s'exclama-t-elle en s'approchant.
Ping allait recommencer à fesser son prisonnier, lorsqu'il se rendit compte que le visage de celui-ci exprimait une grande contrariété tandis qu'il fixait la jeune femme.
- Bonjour Ping, dit-elle en lui tendant la main.
- Ca alors, s'exclama-t-il. Tout le monde me connaît, ici, finalement!
Il tendit sa patte en maugréant, puis il lui fit un charmant sourire pour compenser ses mauvaises manières. L'homme en profita pour se dégager et s'asseoir sur le banc à son tour.

- Ah, mon pauvre Ping, tu es tout désorienté, dit-elle en lui caressant sa crête.
Tout frissonnant de plaisir, Ping se mit à ronronner, puis il se ressaisit soudain:
- Tt tt! Ca ne me dit pas qui vous êtes, vous!
- Oh, mais tu me connais bien, Ping, répondit-elle sur un ton mystérieux. Nous ne nous quittons jamais depuis le premier jour de tes aventures.
- Ah, vraiment?
- Oui, vraiment.
Ping se gratta la tête.
- Tu es ma conscience? demanda-t-il.
Elle éclata de rire.
- Mon cher Ping, tu sais très bien que tu n'en as pas, sinon comment pourrais-tu être aussi insupportable avec tout le monde.
Ping se tourna vers l'homme, qui souriait en se moquant.
- C'est elle, la déesse dont tu parlais? demanda-t-il en lui administrant une frôlette sur son crâne dégarni. C'est une déesse de quoi?
L'autre n'eut pas le temps de répondre, car elle lui coupa la parole.
- Ecoute Ping, c'est très bien que tu sois venu à Paris ces jours-ci parce que je dois avouer que je t'ai un peu negligé, dit-elle en lui caressant la patte. Tu es passé par des épreuves rudes et tu as besoin d'un petit coup de main pour remonter la pente. Je t'aiderai de mon mieux.
- Mais de quoi est-ce que vous parlez?
Ping commençait à sentir la sueur lui mouiller les poils du dos. Sur quel genre de loulous était-il tombé?
- Ne t'inquiète pas Ping, continua-t-elle en se levant, entraînant l'homme avec elle. Je t'expliquerai les choses plus en détails une autre fois. En attendant, je te verrai bien aller à Marseille. Qu'en dis-tu?
Stupéfait, Ping les regarda s'éloigner, incapable de comprendre ce qui venait de lui arriver. Marseille? Où est-ce que ça pouvait bien être?

Alors que le soleil se levait progessivement sur Paris endormie, Ping observait d'un oeil critique les amateurs de Taï-chi réunis dans l'un des nombreux parcs du 13ème arrondissement. A son arrivée dans la capitale française, dont il avait toujours entendu parler, mais qu'il n'avait jamais qu'en carte postale, Ping s'était senti un peu ambarrassé: cette ville était belle, certes, mais il lui manquait une ambiance particulière, qu'il n'avait retrouvée que dans le 13ème arrondissement. Là, en traversant le quartier de part en part, il avait retrouvé le moral: parotut, il voyait des caractères chinois, sentait des plats délicatement parfumés à la coriandre, devinait les pousses de bambou dans les soupes brûlantes posées sur les tables des restaurants.
- Excusez-moi, c'est vous, Jachie Chan? demanda un passant en lui tendant un calepin et un stylo.
Ping lève les yeux au ciel. Depuis que Rush Hour III était sorti en salle, on n'arrêtait pas de le prendre pour Jackie Chan. Ce n'était pas pour lui déplaire, dans un sens, puisqu'il appréciait beaucoup Jackie, mais même si l'Europe et l'Asie étaient deux continents distincts, avec des cultures et des références différentes, il aurait préféré être reconnu pour lui même. Avec un sourire un peu forcé, Ping signe l'autographe et reprend sa marche. Il n'a pas fait dix pas que, tout à coup, une voix crie son nom dans la rue.
- Non, c'est pas vrai?! C'est Ping le Panda!
Ping se retourne, stupéfait. Malgré son accent à couper au couteau, l'homme qui avance à grands pas vers lui parle assez bien le mandarin. Il est grand, brun avec une certaine calvitie. Son visage anguleux lui donne un air sévère, mais ses yeux sont doux et son sourire chaleureux. Arrivé près de lui, il lui tend la main.
- Bonjour Ping, c'est un honneur...
Ping le regarde avec de grands yeux. Que lui veut-il exactement? Encore un journaliste qui a vu le fiasco de l'émission de télévision japonaise?
- J'ai beaucoup entendu parler de vous et j'ai beaucoup lu à votre sujet, monsieur, déclare l'homme en serrant vigoureusement sa patte. Mon amie est sans cesse à rapporter vos aventures et je les suis avec intérêt. Je sais que vous êtes bientôt en tournée de promotion de votre film hong-kongais avec Jackie Chan, et que vous passez lui dire un petit bonjour pendant à Paris, où son dernier film hollywoodien vient de sortir. Il paraît que vous êtes potes. J'ai hâte de voir votre film, Ping, et je trouve que les critiques qui s'attachent plus aux scandales et à votre vie privée passent complètement à cîté de l'essentiel.
- Je ne savais pas que j'étais également connu et apprécié en France, dit Ping timidement, en parlant lentement pour que l'homme comprenne.
- Ce n'est pas encore comme en chine ou au Japon, mais votre talent ne tardera pas à être reconnu, je vous l'assure.
- Merci, dit Ping en souriant. Comment votre amie m'a-t-elle connue?
Le visage de l'homme se tendit légèrement, et il fit une grimace embarrassée. Sa main se fit soudain moins vive, et il jeta un regard ennuyé autour de lui.
- Euh, j'aimerais bien rester et parler plus longtemps avec vous, mais je ne peux pas, j'ai une urgence, dit-il nerveusement.
Ping agita sa patte et posa une griffe sur son anorak, le sourire ironique aux lèvres.
- Comment m'a-t-elle connue? répéta-t-il. Vous pouvez me le dire, si c'est à cause de ma crête, de l'incident au Japon ou par la presse à scandale...
L'homme parut hésiter, jeta un nouveau regard inquiet autour de lui, puis hocha la tête.
- Je peux vous le dire, dit-il dans un murmure. Mais vous ne devez pas m'en demander plus.
Ping hocha la tête et tendit l'oreille. L'homme se pencha vers lui et murmura:
- C'est une déesse. Elle est trop belle.
A peine avait-il prononcé ces mots, qu'il prit la poudre d'escampette. Ping essaya de le poursuivre, mais il avait mangé trop de Phô en traversant le 13ème, et son ventre était trop lourd pour lui permettre de rattraper l'homme mystérieux. Il dut s'arrêter, la langue pendant, devant le tram qui démarrait, le cachant à ses yeux. Lorsque le tram fut parti, l'homme avait disparu...

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus