Les textes publiés sur ce blog sont de ma création. Bien entendu, toute ressemblance avec d'autres fictions, des faits ou des personnes réelles est tout à fait fortuite.
Le Carnet
Si vous croisez un jour dans le métro parisien une jeune femme au regard illuminé qui rit toute seule en gribouillant frénétiquement sur un carnet, c’est moi.
La première fois que j’avais osé parler de ma passion d’écrire à un étranger à ma famille, il m’avait dit : « dans ce cas, tu auras besoin de prendre des notes, beaucoup de notes ». Et je ne comprenais pas pourquoi : j’avais des cahiers d’écoliers, où j’écrivais toute la journée ce qui me passait par la tête. J’avais entendu parler d’écrivains qui griffonnaient sur des nappes dans les cafés de Montmartre, mais cela ne me paraissait pas pratique du tout, et j’étais petite, alors je ne savais pas qu’en grandissant on finissait par passer toute la journée dehors…
Et puis, un jour j’ai compris ce qu’il avait voulu dire. A force de piquer des colère chaque fois que j’oubliais les idées qui avaient traversé mon esprit à un moment donné dans la journée, j’ai commencé à prendre des notes, pas forcément pour de nouvelles histoires, mais pour garder une trace et éventuellement approfondir certains éléments. Je me suis alors rapidement rendue compte que de nombreuses idées me venaient, et pas uniquement lorsque je me penchais sur mon cahier ou lorsque je m’asseyais à mon ordinateur. Elle me bousculaient parfois dans le métro, me frôlaient dans la rue, me réveillaient au travail ou bien chassaient le sommeil de mon lit. Je n’arrêtais plus de penser à ce que je voulais écrire.
Maintenant, je me suis faite une raison : mon carnet ne me quitte plus. Je griffonne, je dessine, j’organise… Parfois je raccorde des éléments par hasard, en tournant quelques pages. Deux idées arrivées à deux semaines d’écart se complètent miraculeusement ? C’est parfait, voilà une intrugue de roman ! Je pense sincèrement que le carnet est le meilleur ami de l’(apprenti) écrivain : figer ses idées sur le papier, et pas forcément les plus évidentes, c’est une manière sûre de ne pas se maudire de les avoir oubliées. Enfin, je pense qu’on obtient des éléments plus variés, parce qu’inspirés non pas d’un thème en particulier, mais des petites choses de la vie, parfois triviales, mais qui sont d’insoupçonnables sources d’inspiration.
KAB
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