L’exécution
Je cours
Je fuis
De jour
De nuit
Pas un abri
Pas un détour
Ne mon protège
Je fuis
Je cours
Le bourreau aux mille pas
Au silence d’acier
Me poursuit
Ses mains sont gantées de blanc
Ses vêtements maculés de sang
Le regard vide et si étrange
Comme un démon qui se croit ange
Le bourreau marche de son pas
Et moi je cours du moins je crois
Tous ces chemins toutes ces abysses
Et ces montagnes ces pentes
Je glisse
Mais le bourreau ne se presse pas
Son temps arrive
Le mien est là
Cette curieuse fuite ne cesse
De me plonger dans la détresse
Les dieux l’alcool les hommes les saints
Et mes amis n’y peuvent rien
Je cours
Je fuis
Je cours
Tant pis
Car mon bourreau s’appelle l’amour
Il me poursuit
Me traque
S’acharne
A travers cet homme qui l’incarne
Et ses mains gantées tendent vers moi
Mais je préfère mourir je crois
A bout de souffle
A bout de force
A bout de ruses de toutes sortes
Comment trouver la liberté
Le chemin de sérénité
J’ai hésité
A gauche
A droite
Et je suis à portée de patte
Du prédateur célère cerbère
Lâché pour déchirer ma chair
Sa main gantée dans mes cheveux
Bousculant froidement mes aveux
Il a levé sa hache barbare
Sa lame polie telle un miroir
Je m’y suis vue
Faible et perdue
Comme un oiseau tombé des nues
Que n’aurais-je fait pour m’échapper
D’un pas seulement me libérer
Mais à genoux devant mon sort
Faible d’esprit comme de corps
Le bourreau m’a à sa merci
La lame levée menace et luit
Ma tête est tombée
Lourdement
C’était fini
En un instant
Les quelques larmes que j’ai versées
Ne l’avaient pas seulement touchées
Avant d’accepter ce destin
Je l’ai vu tendre encore la main
Une main nue d’un blanc laiteux
Pour doucement
Fermer mes
Yeux
KAB (N.T., LaVocce)
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