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Texte libre

Les textes publiés sur ce blog sont de ma création. Bien entendu, toute ressemblance avec d'autres fictions, des faits ou des personnes réelles est tout à fait fortuite.

Mercredi 16 avril 2008

Le Carnet

 

Si vous croisez un jour dans le métro parisien une jeune femme au regard illuminé qui rit toute seule en gribouillant frénétiquement sur un carnet, c’est moi.

La première fois que j’avais osé parler de ma passion d’écrire à un étranger à ma famille, il m’avait dit : « dans ce cas, tu auras besoin de prendre des notes, beaucoup de notes ». Et je ne comprenais pas pourquoi : j’avais des cahiers d’écoliers, où j’écrivais toute la journée ce qui me passait par la tête. J’avais entendu parler d’écrivains qui griffonnaient sur des nappes dans les cafés de Montmartre, mais cela ne me paraissait pas pratique du tout, et j’étais petite, alors je ne savais pas qu’en grandissant on finissait par passer toute la journée dehors…

            Et puis, un jour j’ai compris ce qu’il avait voulu dire. A force de piquer des colère chaque fois que j’oubliais les idées qui avaient traversé mon esprit à un moment donné dans la journée, j’ai commencé à prendre des notes, pas forcément pour de nouvelles histoires, mais pour garder une trace et éventuellement approfondir certains éléments. Je me suis alors rapidement rendue compte que de nombreuses idées me venaient, et pas uniquement lorsque je me penchais sur mon cahier ou lorsque je m’asseyais à mon ordinateur. Elle me bousculaient parfois dans le métro, me frôlaient dans la rue, me réveillaient au travail ou bien chassaient le sommeil de mon lit. Je n’arrêtais plus de penser à ce que je voulais écrire.

            Maintenant, je me suis faite une raison : mon carnet ne me quitte plus. Je griffonne, je dessine, j’organise… Parfois je raccorde des éléments par hasard, en tournant quelques pages. Deux idées arrivées à deux semaines d’écart se complètent miraculeusement ? C’est parfait, voilà une intrugue de roman ! Je pense sincèrement que le carnet est le meilleur ami de l’(apprenti) écrivain : figer ses idées sur le papier, et pas forcément les plus évidentes, c’est une manière sûre de ne pas se maudire de les avoir oubliées. Enfin, je pense qu’on obtient des éléments plus variés, parce qu’inspirés non pas d’un thème en particulier, mais des petites choses de la vie, parfois triviales, mais qui sont d’insoupçonnables sources d’inspiration.

 

KAB

par Kim Ann Burden publié dans : Y s'passe des trucs, parfois... communauté : Ecrire
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Lundi 28 mai 2007

Très drôle…!
 
            Votre jules n’est pas là : vous êtes retournée sur votre profil dans un site de rencontres en ligne, un peu par nostalgie, beaucoup pour mater et tenter le diable, et voilà qu’un diablotin s’en vient vous titiller avec sa fourche. Vous lui faites signe du bout de l’aile…
[salut, ça va ?]
[Ca va. Et toi ?]
[Ça va.]
[T’est inscrite depuis longtemps ?]
[Bah, quelques années… ;-) Mais j’ai trouvé quelqu’un entre-temps.]
[Ah ? Oh, excuse-moi, alors…]
[Non, non, c’est pas grave :-O !]
[Qu’est-ce que tu fais là, alors ?]
[Oh, ben, je mate, je flirte un peu… Rien de sérieux.]
            Pendant qu’il réfléchit aux options que cette réponse lui laisse, vous consultez son profil dans une fenêtre annexe, et vous vous rendez compte que sa description vous convient tout à fait.
[…]
[Quoi ?]
[Ben, c’est dommage… Je me disais que j’aurais bien aimé t’inviter à dîner. Ca te tente ?]
[… Euh… C’est délicat, j’ai un copain.]
[Si tu veux pas, tu sais…]
[Non, je veux être claire : j’ai ce qu’il me faut à la maison.]
[Oui, bien sûr, c’est toi qui vois… Si un dîner, ça te paraît too much, on peut juste prendre un verre, histoire de causer…]
[Oui, je préfère. Où ça ?]
[Où tu voudras, c’est toi la chef !]
            Mmm, comme c’est plaisant, un homme qui sait flatter !
[Pourquoi pas au MacDo…]
[Non, pitié, pas le MacDo :- §!!!!]
            Très bien réagi : puisqu’il ne veut pas de votre proposition, il va devoir en faire une et donc, logiquement, vous inviter !
[Bon, à toi de choisir, alors.]
[A l’Impala, alors ? Rue du Berri, dans le 8ème ?]
[OK. Quelle heure ?]
[C’est toi qui décides.]
            Il est 18h45. Votre jules est sorti avec ses potes et il rentre tard habituellement. D’un autre côté, il travaille demain et vous aussi, donc…
[20h00 ?]
[20h30, plutôt ?]
[Va pour 20h30, et je n’aime pas attendre !]
            Non mais !
[Oui, chef ;-b! A tout à l’heure !]
            Bon, voilà qui est fait ! Il ne reste plus qu’à trouver la tenue qui dit en même temps « je sors avec les copines » et « j’ai un copain, mais j’adore flirter ! ». Pas facile, hein… ? D’une manière ou d’une autre vous y arrivez, car voici que vous trottez comme une gazelle en retard à son rendez-vous. L’Impala est un restaurant branché. Vous savez que votre entourage n’y met jamais les pieds, alors vous y allez franco et vous parcourez la salle d’un regard avide.
- Je suis là !
            La voix est familière, de même que le bras qui s’est levé. En vous rapprochant, vous vous sentez défaillir, vos yeux s’arrondissent au fur et à mesure que le sourire de votre jules s’élargit… Mais qu’est-ce qu’il fait là ?!
- Tu es en retard, observe-t-il en jetant un coup d’œil à sa montre. Qu’est-ce que tu prendras ?
- Une bouteille de vodka. Qu’est-ce que tu fais là?
            Il hausse les épaules en souriant, le goujat !
- Je pourrais te le demander aussi, mais il a fait beau aujourd’hui et tu es ravissante ce soir, alors, je me dis que nous avons sans doute d’autres choses à nous dire…
            Vous regardez ce beau parleur dans les yeux et vous vous dites qu’il vous a bien eue, mais qu’il a raison : vous êtes sublime. En revanche, vous avez l’air tellement dépitée qu’il tient là un dossier qu’il ne manquera pas de ressortir à la moindre occasion…
 KAB
par Kim Ann Burden publié dans : Y s'passe des trucs, parfois...
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